93 professionnels des médias tués en 2016

Quatre-vingt-treize journalistes et professionnels des médias ont été tués en 2016 selon les statistiques de la plus grande organisation de journalistes au monde. La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), qui représente 600.000 membres dans 140 pays, a publié aujourd’hui une liste de 93 journalistes et employés des médias tués en 2016 lors d’incidents liées à leur travail. Vingt-neuf autres journalistes ont péri dans deux accidents d’avion.

Ces meurtres, y compris les meurtres ciblés, les attentats à la bombe et les tirs croisés ont eu lieu dans 23 pays d’Afrique, d’Asie-Pacifique, des Amériques, d’Europe et des régions du Moyen-Orient et du monde arabe.

Bien que les chiffres pour 2016 soient en baisse par rapport aux années précédentes, la FIJ met en garde contre une certaine complaisance en pointant des menaces grandissantes, des intimidations, de l’autocensure, qui témoignent que les atteintes à la liberté de la presse restent à un niveau inquiétant.

S’ajoutent aux 93 morts directement ciblés, 20 journalistes sportifs brésiliens qui ont péri dans l’accident d’avion de Medellin, en Colombie, un pays où aucun meurtre n’a été enregistré cette année, contre 3 en 2015. 9 journalistes russes ont péri dans un accident d’avion militaire.

Les chiffres de 2016 sont inférieurs aux 112 morts recensés en 2015, avec une diminution des homicides dans des pays comme le Honduras (1), la Libye (2), les Philippines (3) et le Soudan du Sud (1). Cependant, les niveaux de violence ont été plus élevés en Afghanistan, au Guatemala, en Irak et au Mexique, des pays en proie à l’extrémisme terroriste, aux conflits armés et au crime organisé. Le Yémen, l’Inde, le Pakistan et la Syrie forment un autre groupe qui n’a connu que peu ou pas de changement dans le nombre de meurtres par rapport à l’année dernière.

« Toute diminution de la violence contre les journalistes et le personnel des médias est toujours la bienvenue, mais ces statistiques et la prise pour cible délibérée des travailleurs des médias dans de nombreux incidents coûtant des vies laissent peu de place au réconfort et à l’espoir de voir la fin de la crise de sécurité dans le secteur des médias », a déclaré le Président de la FIJ, Philippe Leruth.

« Ces niveaux de violence dans les médias devraient pousser à l’action tous ceux qui s’engagent à protéger les journalistes. Il ne doit pas y avoir d’impunité pour ces crimes. La FIJ et ses affiliés à travers le monde redoubleront d’efforts pour se mobiliser en faveur de mesures crédibles pour éliminer l’ombre de la violence qui plane sur le journalisme ».

En réminiscence de l’attentat terroriste dévastateur dont a été victime le magazine satirique français Charlie Hebdo début 2015, une autre attaque en janvier 2016 avait pour but de causer des pertes massives de vies humaines en Afghanistan lors de l’attaque par les talibans d’une camionnette de TOLO TV qui a tué sept journalistes et personnels techniques, après avoir identifié la station de télévision en tant que cible militaire.

La FIJ compile la liste annuelle des journalistes et du personnel des médias tués à partir des informations de ses affiliés et d’autres sources crédibles, après avoir établi un lien clair ou raisonnable entre le meurtre et l’activité professionnelle de la victime. Bien que tous les efforts soient faits pour examiner tous les cas qui sont publiquement connus, la liste ne prétend pas inclure tous les meurtres de journalistes et de personnels des médias. La FIJ est informée de la disparition de certains journalistes qui ont probablement été tués, mais il n’existe pas assez d’informations pour confirmer qu’ils soient morts. Un cas emblématique est la disparition du journaliste burundais Jean Bigirimana, dont le sort reste inconnu presque six mois après son disparition.

« Le nombre de journalistes et d’employés des médias tués pour avoir accompli leur travail pourrait être plus élevé si davantage d’informations crédibles sur ces cas étaient disponibles et sans l’autocensure des journalistes de certains pays qui souhaitent éviter d’attirer l’attention indésirable des barons du crime », a ajouté le Secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger. « Il est donc urgent d’inciter les gouvernements à enquêter sur toutes les formes de violence, y compris les meurtres et les disparitions, de manière rapide et crédible, afin de protéger l’intégrité physique et l’indépendance professionnelle des journalistes ».

Selon les archives de la FIJ, le monde arabe et le Moyen-Orient ont enregistré le plus grand nombre de morts avec 30 homicides, suivis de l’Asie-Pacifique avec 28 meurtres, de l’Amérique latine avec 24, de l’Afrique avec 8 et de l’Europe avec 3 meurtres.

Les statistiques relatives au nombre de journalistes et personnels des medias tués en 2016 sont les suivantes:
En date du 29 décembre 2016, la FIJ a enregistré les cas suivants de meurtres:
• Attaques ciblées, attaques à la bombe et décès dans des tirs croisés: 93
• Accidents et décès liés à des désastres naturels: 29
• Nombre total de décès: 122

Les pays avec les chiffres les plus élevés en matière de travailleurs des médias tués sont:
• Irak:  15
• Afghanistan: 13
• Mexique: 11
• Yémen:  8
• Guatémala: 6
• Syrie:  6
• Inde:  5
•Pakistan: 5

Bruxelles, 30 décembre 2016. – 
Plus d’information: téléchargez la liste de la FIJ des journalistes tués dans la période 1990-2015 et publiée en 2015.
http://www.ifj.org/fileadmin/documents/25_Report_Final_sreads_web.pdf

Pour de plus amples informations, veuillez contacter:
Philippe Leruth (FR, EN, ES) +32 476 69 71 04
Anthony Bellanger (FR): +32 471236127

Jeremy Dear (EN): + 32 479077194


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