AFGHANISTAN : PREMIERE URGENCE INTERNATIONALE LANCE POUR LA PREMIÈRE FOIS UN PLAN D’URGENCE

Première Urgence Internationale est présente en Afghanistan depuis 1979. L’ONG met en place des programmes spécifiques permettant d’améliorer la capacité des structures de santé et fournir des soins adaptés à la population.

A l’est du pays, à la frontière avec le Pakistan, les provinces de Kunar et Nangarhar sont particulièrement contrôlées par l’opposition armée. Les combats entraînent de nombreux mouvements de populations vers les districts limitrophes plus sécurisés.

Par ailleurs, depuis juillet, le Pakistan encourage les réfugiés afghans à retourner dans leur pays, causant une situation difficile et précaire pour les 5 000 personnes qui, chaque jour, arrivent aux frontières et n’ont pas accès à la santé ni à des conditions de vie satisfaisantes.

Par exemple, Raees Khan est arrivé dans la région de Nangarhar il y a six mois. Sa famille a été contrainte de quitter leur village suite aux combats. Ils ont récemment appris que leur village a été brûlé. Yaar Khan, lui, est revenu du Pakistan depuis 19 jours car la police ne lui permettait pas de travailler sur le territoire. Avec sa famille, il lutte quotidiennement contre la pauvreté.

Aujourd’hui, la région de Nangarhar compte entre 15 0000 et 20 0000 personnes vivant dans les mêmes conditions que Raees Kahn et Yaar Khan. Un sondage auprès de la population retournée prévoit que 70% d’entre elle restera dans cette partie du pays.

Dans ce contexte particulier, une dizaine de centres de santé a fermé et il n’existe pas encore de camps officiels.  Par conséquent, la capacité des acteurs humanitaires à la réponse est mise à rude épreuve.

« Quand nous sommes arrivés dans le village, la clinique mobile de Première Urgence Internationale est venue dans notre zone et a apporté de l’aide à mes enfants en leur donnant des médicaments. J’ai également reçu de l’aide psychologique par un conseiller de MHT (Mobile Health Team) », affirme Raees Khan, en remerciant le personnel de Première Urgence Internationale.

Face à la plus grosse population déplacée après la Syrie, Première Urgence Internationale a décidé de lancer, pour la première fois dans le pays, un plan d’urgence.

Le projet, mis en place grâce au Fonds Commun Humanitaire (CHF), comporte le déploiement de 4 cliniques mobiles, qui se déplacent dans la région avec une équipe de 5 à 7 professionnels  gérant des consultations, de la distribution des kits d’hygiène et des vaccinations. Cette intervention fait suite à un projet initié en début d’année avec le soutien du service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission européenne (ECHO), pour une réponse immédiate aux déplacés du conflit. Avec l’arrivée de l’hiver, Première Urgence Internationale distribuera également aux personnes un « kit hiver », contenant les produits indispensables pour supporter les conditions météorologiques défavorables.
Malgré l’aide que l’ONG apporte aux populations en Afghanistan, les conditions restent encore critiques, surtout à la frontière de Torkham, passage obligatoire pour les personnes qui marchent du Pakistan à l’Afghanistan.

Pour la fin de l’année, un mouvement de population de plus de 600 000 personnes du Pakistan est prévu. Il risque d’entrainer une spirale de vulnérabilité, surtout dans la province du Nangarhar.

Le 4 et 5 octobre, une conférence internationale sur l’Afghanistan a eu lieu à Bruxelles, regroupant plus de 70 pays et 20 organisations internationales et agences et avec l’objectif de apporter un un soutien politique et économique  à cette crise majeure.


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