Artemisia Annua : une plante pour combattre le paludisme – une alternative qu’Alucop Cameroun souhaite développer

Après avoir découvert les vertus curatrices de l’Artemisia Annua contre le paludisme, Alucop, ONG camerounaise, met en place un projet de production de la plante et de sensibilisation de la population. Ils sont actuellement à la recherche de fonds. Interview et contact avec Luako Bolangongo Sébastien (contact: alucop77@yahoo.fr), Directeur des programmes et membre fondateur Alucop.
 
Comment présenteriez-vous Alucop Cameroun en quelques phrases ?
 
L’association de lutte contre le paludisme au Cameroun (Alucop) son nom est une association à but non lucratif et apolitique crée le 02 juin 2008 au Cameroun sous le no 051/RDA/J03/BAPP dont son siège social est à Monatélé dans le Département de La-Lékié, Région du Centre.
 
Elle se lance à tout programme visant à réduire le paludisme au sein de la population notamment :

La distribution des moustiquaires imprégnées à la population.
Plantation à grande échelle (10 hectares +) et distribution en grande quantité de l’artemisia annua et autres pour sauver les vies humaines victimes du paludisme durant nos campagnes de sensibilisation dans des villages, villes, quartiers, localités Etc.

 
Plusieurs personnes meurent du paludisme surtout les enfants de 0-5 ans faute des moyens financiers pour s’ouvrir un traitement adéquat de cette maladie, d’autres meurent suite aux mauvais états des routes presque impraticables pour atteindre les centres villes ou il y a des centres de santé. 
 
Beaucoup des villages au Cameroun n’ont pas des hôpitaux, ni dispensaires, ni centre des santés et les villageois se livrent à boire n’importe quoi pour se soigner. Etant informé de l’artemisia annua par son efficacité dans le traitement du paludisme, nous avons estimé bon d’apporter cette culture dans des villages pour permettre à toute personne de se soigner quelque soit son milieu de résidence. 
 
Alucop souhaite développer un projet de production de la plante Artemisia Annua connue pour soigner le paludisme. Sur quelle enquête peut-on se fier pour évaluer les vertus curatrices de cette plante ? 
 
Selon les enquêtes menées, le traitement du paludisme par l’artemisia annua dépend du taux de l’artemisine substance contenue dans les feuilles de l’artemisia annua qui s’élève de 0,10% à 1%. 
 
CIPCRE une ONG Camerounaise avait envoyée un échantillon des feuilles sèches au Laboratoire de l’Institut Pharmaceutiques Tübingen d’Allemagne  dont le résultat était de 0,98% de teneur en artemisine et cette teneur était considérée comme assez bonne.
 
Il y a beaucoup des facteurs qui déterminent le vrai taux pour le traitement du paludisme notamment :

Le moment de sa récolte qui doit se faire avant la floraison des plantes
Son mode de séchage qui doit se faire impérativement dans l’ombre.
La durée de sa conservation : dans une étude faite au Burkina Faso par l’Allemand Monsieur Ridder .S,  Kooy. F et Verpoorte .R dans l’ouvrage « Artemisia annua as a self-reliant treatment for malaria in developing countries. J Ethnopharmacol 2008 ( In print).

Dans sa durée, les feuilles d’artemisia doivent être conservées à l’obscurité, dans un endroit sec et frais ou les consumer si possible dans les mois qui suivent sa récolte.
 
L’efficacité clinique de la tisane des feuilles d’artemisia annua dans le traitement du paludisme a été démontrée à l’occasion du traitement de plusieurs cas isolés, tous avec rapide et complète amélioration clinique.
 
Son efficacité a également été étudié dans quelques séries randomisées de la littérature:selon Blanke CH, Naisabha GB, Balema MB, Mbaruku GM, Heide.L, Müller SM. Ouvrage: Herba artemisia annua tea preparation compared to sulfadoxine-pyrimethamine in the treatment of uncomplicated falciparum malaria in adults: a randomized double-blind clinical trial. Trop Doct 2008, 38: 113-6.
 Ils rapportent 10 cas traits par la tisane de l’artemisia annua ; Müller rapporte 2 séries dont l’une de 53 patients , l’autres de 72 patients , dans ces trois études une importante amélioration clinique a été observée presque dans tous les cas dès le troisième jour du traitement.
Dans les trois études, la parasitémie avait disparu dans 70% des cas au 7eme jour.  
 
Existe-t-il d’autres projets en Afrique ou au Cameroun afin de produire cette plante à des fins médicales ?
 
 Il y en a plusieurs en Afrique : ONG Kachoré (Bénin), Burkina Faso, Sénégal Etc.
 
-Au Cameroun : ANAMED  Site web: www.anamed.net  , CIPCRE site web : www.cipcre.org/en/index.htm ,  Arc En Ciel et Alucop.
-Europe : laboratoire CEPLA pour la transformation pharmaceutique des feuilles d’artemisia annua, GMP en Allemagne ETC.
 
En admettant que votre projet trouve des bailleurs de fonds, quel est l’impact (résultats, nombre de personnes soignées, etc…) à moyen terme que vous escomptez atteindre ? 

Permettre à tout habitant du Cameroun d’avoir un accès facile au traitement du paludisme à tout lieu de sa résidence car nous allons élargir nos champs d’action dans toutes les 10 régions du Cameroun.
Création des centres des formations pour la culture d’artemisia annua aux groupements villageois, aux associations des femmes villageoises Etc.
Transformation des feuilles d’artemisia annua en produit pharmaceutique pour la distribution au Cameroun.
Notre souhait est de servir plus de 80% de la population camerounaise, environnante et africaine après implantation dans toute l’étendue du territoire
 
A moyen terme, nous pouvons atteindre les 6 régions du Cameroun.

En 2001, l’OMS déclarait que cette plante était « le plus grand espoir mondial de fournir un traitement au paludisme. » Partagez-vous cette opinion ?
 
Nous partageons en grande partie l’opinion de l’OMS car cette plante peut se cultiver dans tous les sols africains, américains et on peut la planter dans sa véranda, champ, jardin Etc. En cas d’une crise de paludisme dans n’importe quel endroit du monde qu’on peut se trouver, on se sert de ses feuilles pour se soigner rapidement à moindre effort ou frais.
Nous soutenons également une lutte anti-vectorielle c’est-à-dire éliminer les nombres des moustiques au sein de la population.
 
Contact avec Alucop : alucop77@yahoo.fr
 
Réponses recueillies par Olivier Grobet
 
 

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