Des milliers de personnes se mobilisent pour ouvrir le Forum social mondial à Tunis

La manifestation fut plus tendue et moins coloriée que celle qui s’était déroulée deux ans auparavant, quasiment jour pour jour, pour inaugurer le précédent Forum social mondial en 2013. Mais elle fut tout autant nourrie que lors de ce premier rendez-vous dans la capitale tunisienne.
 
Le FSM avait été convoqué en 2013 sous la consigne « Dignité ». Aujourd’hui, sous celle de « Dignité et droits ». Entre temps, les explosions qui depuis 2011 avaient été à l’origine du « printemps arabe » affrontent dans plusieurs pays de cette région des processus contre-révolutionnaire. La défense des droits et des conquêtes sociales occupent une place essentielle dans la pratique quotidienne des mouvements sociaux de la région.
 
Une mobilisation déterminée
 
Le comité tunisien d’organisation du FSM avait changé le parcours initialement prévu de la manifestation, en décidant de la terminer devant le Musée du Bardo. Bien que celle-ci fut fortement marquée par la dénonciation du terrorisme, ses contenus ne se limitèrent pas à cet événement.
 
« Soyez solidaires et venez en Tunisie », disait l’une des banderoles en tête de la mobilisation citoyenne. « Pour une politique juste de l’emploi », affirmait la seconde, qui soulignait ainsi la revendication de meilleurs droits sociaux.
 
Cette ambiance duale – dénonciation de l’attaque terroriste et revendications de meilleures conquêtes – marquera ce nouveau rassemblement altermondialiste, qui selon certains de ses organisateurs pourrait mobiliser environ 60.000 personnes. Beaucoup d’entre elles venant de Tunisie et plus généralement du Maghreb. Une autre partie, symboliquement importante, étant composée de militant-e-s venu-e-s du reste de l’Afrique, d’Europe, d’Amérique latine et d’Asie.
 
On note une présence significative des femmes et des jeunes, reflétant l’ambiance déjà vue ce mardi dans les rues de Tunis. La mobilisation d’ouverture fut fortement imprégnée de consignes féministes – particulièrement impulsée par des participantes de la Marche mondiale des femmes – et par un fort activisme juvénile de tous types et horizons.
 
L’« autre monde possible » a regagné les rues de Tunis. En quelques heures, et jusqu’au samedi 28 mars, la socialisation des expériences, le renforcement des réseaux, les agendas de mobilisation et la recherche d’alternatives seront les invités d’honneur dans les plus de 1000 activités autogérées, qui se tiendront dans l’Université El Manar, de la capitale : la vingtaine d’assemblées de convergences marquera le cours des accords, des consensus et des visions du futur de la société civile internationale.
 
Un pas en avant du mouvement altermondialiste qui, bien que ne se réduisant pas au Forum social mondial, continue d’y trouver un espace essentiel pour continuer d’exercer pleinement son droit à rêver.
 
Sergio Ferrari,
Collaboration E-CHANGER/COMUNDO, organisation de coopération solidaire, qui co-organise la délégation suisse de 70 personnes présentes à Tunis)
 
Traduction Hans-Peter Renk
 
 
 
 

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