«Les irakiens sont très inquiets»

Liam Kelly est chef de mission en Irak pour Première Urgence Internationale. Il est responsable d’une mission de plus de 300 personnes dans un pays au contexte géopolitique instable et dans lequel une crise humanitaire majeure est attendue suite à la bataille de Mossoul. Il nous explique comment les équipes se préparent à un mouvement de population de grande ampleur.

Quelle est la situation actuelle autour de Mossoul ?

Suite à l’offensive lancée le 17 octobre 2016, l’armée irakienne avance progressivement vers Mossoul. La première vague de personnes déplacées a débuté. Pour le moment, leur nombre est assez limité car il y avait peu de personnes dans les villages dans lesquels  l’armée irakienne a combattu. Par contre, dès que les habitants de la ville de Mossoul auront la possibilité de fuir, nous pouvons nous attendre à une vague de déplacement des populations qui sera conséquente. L’impact humanitaire sera majeur.

Le pays est très fragile en ce moment et personne ne sait ce qu’il va se passer après la bataille de Mossoul et qui va prendre le contrôle de la ville. Les irakiens sont très inquiets et le pays pourrait être fortement déstabilisé sur une période très longue.

Comment Première Urgence Internationale se prépare à répondre à cette crise ?

Avec nos cliniques mobiles mobilisées près de la ligne de front, nous sommes prêts à intervenir dès qu’il y a des besoins. Nous avons d’ailleurs déjà procédé à des consultations médicales suite au premier mouvement de population, notamment dans le camp de Zelikan, situé à 40 km de Mossoul.

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Nous sommes également prêts à apporter une réponse en eau, hygiène et assainissement  via un approvisionnement en eau potable aux déplacés et un accès à des infrastructures sanitaires. Nous sommes déjà présents dans différents camps de déplacés, notamment à Bardarash, à 60 km de Mossoul.

Est-ce que la réponse sera suffisante ?

Nous attendons un mouvement de personnes auquel la communauté internationale pourra difficilement faire face. Nous ferons tout ce que nous pouvons mais nous craignons que ce soit insuffisant.

Si la crise de Mossoul concentre toute l’attention et la vigilance des humanitaires, il faut rappeler que l’on compte 3 millions de personnes déplacées dans l’ensemble du pays. Il y a  donc également d’autres besoins à Bagdad ou dans l’est du pays notamment dans la province du Anbar. Nous souhaitons développer notre réponse humanitaire dans ces zones également touchées.

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