La concentration de la terre en Amérique latine, cause de conflit et de sous-développement

* 1 % des propriétaires concentrent plus de la moitié des terres 

* 32 millionnaires détiennent une richesse égale à celle de 300 millions de personnes

En Amérique latine, 1 % des propriétaires concentrent plus de la moitié des terres agricoles. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a repris ces données, d’après un rapport de l’ONG OXFAM, pour décrire l’énorme inégalité que connaît le continent.

Le thème de la concentration des terres et la réflexion sur l’impact des réformes agraires dans cette région du monde ont constitué le thème central de la réunion de haut niveau consacrée à la « gouvernance responsable de la gestion de la terre, de la pêche et des forêts en Amérique latine et dans la Caraïbe », tenue à Santiago du Chili dans le cours de la première semaine d’avril 2017.

L’Amérique latine et la Caraïbe connaissent la répartition de la terre la plus inégale du monde. La FAO relève que cette répartition est encore plus inégale en Amérique du Sud, alors qu’elle est légèrement inférieure en Amérique centrale.

La région a la répartition des terres la plus inégale de toute la planète : le coefficient de Gini – qui mesure l’inégalité – appliqué à la répartition de la terre sur le contient atteint 0,79 – dépassant amplement l’Europe (0,57), l’Afrique (0,56) et l’Asie (0,55).

L’organisme onusien affirme qu’une meilleure administration des droits de la terre, ainsi que l’accès aux forêts et à la pêche, est un élément fondamental pour réduire la pauvreté dans les zones rurales et pour protéger les ressources naturelles. Et il insiste pour améliorer la reconnaissance des droits à la possession.

L’amélioration de cette reconnaissance des droits à la possession de la terre et de sa répartition est un pas nécessaire pour éradiquer la faim et avancer vers la réalisation des objectifs du développement soutenable en Amérique latine et dans la Caraïbe, a souligné la FAO à Santiago du Chili.

Un autre problème significatif, selon ce même organisme onusien : le pourcentage de la terre aux mains de petits propriétaires est toujours moindre. Un phénomène qui affecte particulièrement les femmes. Au Guatemala, par exemple, seul 8 % des femmes sont propriétaires. Au Pérou, seulement 31 %. Dans la majorité des cas, ces propriétés sont d’une moindre superficie et qualité que celles des hommes.

A la fin 2016, OXFAM a publié l’un des rapports les plus complets effectués jusqu’ici sur la situation agraire du continent, « Les relégués : Terre, pouvoir et inégalité en Amérique latine ». Ce rapport centre son analyse sur 17 pays latino-américains.

« 1 % des propriétés accaparent plus de la moitié de la superficie productive. C’est-à-dire que ce 1 % concentre davantage de terres que le 99 % restant. Cette situation n’offre pas une voie pour le développement soutenable, ni pour les pays, ni pour les populations », indique le rapport de OXFAM, repris maintenant par la FAO.

L’inégalité économique et sociale est l’un des plus grands obstacles qui empêchent les sociétés latino-américaines d’atteindre le développement soutenable et suppose un obstacle pour leur croissance économique. « Dans la région, 32 personnes privilégiées accumulent la même richesse que les 300 millions de personnes les plus pauvres. Cette inégalité économique est intimement liée à la possession de la terre, car les actifs non financiers représentent 64 % de la richesse totale », souligne OXFAM.

Sergio Ferrari, à l’ONU, Genève

Traduction de l’espagnol : Hans-Peter Renk, Collaboration de presse d’E-CHANGER

 

 

 

 


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