Le Burundi, un petit pays « fragile » dans la région des Grands Lacs

Avec ses 11 millions d’habitants, le Burundi est le troisième pays le plus pauvre au monde. Les équipes de Première Urgence Internationale apportent un soutien au service materno-infantile de l’hôpital de Ngozi dans le nord du pays.

La santé materno-infantile, au cœur des préoccupations

Un nourrisson dort les poings fermés dans un lit près d’une grande fenêtre. Il a été transporté seul le matin même à l’hôpital de Ngozi. Sa mère est décédée alors qu’elle accouchait à son domicile. Avec plus de six naissances par femme dans le pays, la santé materno-infantile fait partie des préoccupations principales en matière de santé au Burundi. En effet, les femmes courent des risques au cours de l’accouchement ou de complications pendant et après la grossesse. La majeure partie des décès des enfants de moins de 5 ans a lieu dans les 28 jours suivant leur naissance. Trois causes principales en sont à l’origine : les complications de la prématurité, l’asphyxie au cours du travail et à la naissance et les infections néonatales.

Améliorer l’accès aux soins pour le nouveau-né et sa mère

Depuis début 2018, les équipes de Première Urgence Internationale apportent un appui au service maternité et néonatal de l’hôpital de Ngozi. Chaque jour, 10 femmes accouchent au sein de ce service. « Nous allons fournir du matériel et appuyer la formation du personnel sur place. L’idée est d’améliorer l’accès à des soins de qualité pour le nouveau-né et sa mère », explique Louise Guillaumat, chargée des Urgences à Première Urgence Internationale.

Santé materno-infantile au Burundi

Le Burundi face aux aléas climatiques

Au Burundi, qui est classé 184e sur 188 à l’indice de développement humain (IDH), les besoins sont importants. La population, très vulnérable, fait face à des problèmes d’accès aux services de base comme la nourriture, l’eau, la santé et l’éducation. Ces difficultés sont aggravées par des pics de crises récurrents. Ces pics sont dus aux aléas climatiques : inondations, glissement de terrain, dégradation des terres. La population elle, vivant à 90% en zone rurale, voit son moyen de subsistance, l’agriculture, diminuer. Elle est  donc forcée de se déplacer. Ils sont ainsi 175 000 déplacés internes dans le pays, dont les deux tiers pour des raisons climatiques.

Être réactif

Selon le dernier Plan de réponse humanitaire (HRP), 3,6 millions de personnes, soit un tiers de la population burundaise, ont besoin d’une assistance humanitaire.

Aux déplacés climatiques s’ajoutent l’accueil des réfugiés provenant des pays voisins, notamment la République démocratique du Congo (RDC). Ils sont de 60 000 réfugiés installés au Burundi dans quatre camps de réfugiés et au sein de la communauté. 430 00 réfugiés burundais vivent encore en dehors du pays. Plusieurs dizaines de milliers de retours sont planifiés pour l’année 2018­. Le Burundi est ainsi le point névralgique de la région, bordé par le lac Tanganyka et par quatre pays. Les équipes de Première Urgence Internationale se tiennent prêtes à développer leur réponse dans la région. « Il faut s’attendre à des afflux de réfugiés en provenance de RDC. Il faut prévoir également des retours importants de réfugiés burundais dans les mois à venir », explique Louise. « Ce petit pays de la région des Grands Lacs est dans une situation très fragile. Sa population est dans un état de vulnérabilité important. Il faut être prêt à répondre en cas d’urgence ».


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