Le directeur du journal Les Coulisses condamné à six mois de prison ferme

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DE CONGO
Le directeur du journal Les Coulisses condamné à six mois de prison fermeNicaise Kibel Bel Oka a été condamné, le 19 juin 2004, à six mois de prison ferme et 5 500 euros de dommages et intérêts pour diffamation. Reporters sans frontières dénonce une décision attentatoire à la liberté de la presse rendue à l’issue d’un procès inéquitable.Le 19 juin 2004, le tribunal de paix de Béni, dans le Nord-Kivu (est du pays), a confirmé la condamnation de Nicaise Kibel Bel Oka, directeur de publication du journal Les Coulisses à six mois de prison et 5 500 euros de dommages et intérêts pour diffamation et escroquerie. A la lecture de la sentence, le journaliste était déjà sous les verrous, ayant été interpellé quelques heures plus tôt par des agents du renseignement militaire mandatés par le procureur, Tupa Kamango. »Cette décision, rendue à la suite d’une procédure mouvementée, constitue une atteinte à la liberté de la presse. Nous rappelons qu’un rapport de la Commission des droits de l’homme des Nations unies en date du 18 janvier 2000 a énoncé clairement que l’emprisonnement pour des « écrits diffamatoires » constitue une violation caractérisée des droits de l’homme. Avec ce nouvel emprisonnemnt d’un homme de presse, les autorités de la République démocratique du Congo confirment le durcissement de leur position vis-à-vis du droit à l’information », a déclaré Reporters sans frontières. »De nombreux indices tendent  à nous faire penser que ce procès ne s’est pas déroulé de façon équitable. Les droits de la défense ont été bafoués et l’impartialité du tribunal peut être mise en doute », a ajouté l’organisation.Le journaliste était poursuivi pour diffamation par un homme d’affaires important de la région, Jacques Kyangu qui lui reprochait la rédaction d’un article intitulé « On fraude dans l’espace RCD/K-ML, douaniers, militaires, commerçantsŠpillent le Congo », paru dans l’édition des Coulisses du 28 novembre. Kibel Bel Oka y accusait Jacques Kyangu de fraude douanière en ayant fait disparaître, entre deux postes frontaliers, un camion de marchandises importées de l’Ouganda, et  pour avoir menti au Trésor public sur la quantité d’une importation de produits pétroliers.Il était également soupçonné d’avoir tenté d’escroquer le même homme d’affaires en exigeant de lui la somme de 1 600 euros comme contrepartie à la publication d’un droit de réponse dans Les Coulisses.En appel, la défense du journaliste a dénoncé un procès inéquitable, mettant en avant le fait que toutes les éléments démontrant l’existence de la  fraude dénoncée dans l’article des Coulisses n’ont pas été considérés par le juge et pointant du doigt les liens entre l’avocat du plaignant et le procureur. En effet, l’avocat de Jacques Kyangu était le témoin du mariage du procureur et travaille dans le cabinet judiciaire de l’épouse du magistrat.

Julien BouliouReporters sans frontieres

Laisser un commentaire