Les autochtones de Bornéo gagnent la bataille de la grande usine hydroélectrique, grâce à l’aide venue de Suisse

Le gouvernement du Sarawak (Malaisie) renonce définitivement à la construction d’un gigantesque barrage hydroélectrique de 1200 MW le long du fleuve Baram, sur l’île de Bornéo. 400 km2 de forêts pluviale sont sauvés. Le Bruno Manser Fonds marque un succès stratégique.

(MIRI, SARAWAK / MALAISIE) L’État malais du Sarawak (Malaisie) renonce définitivement à la construction d’une très contestée usine hydroélectrique de 1200 MW sur la rivière Baram et rend les terres expropriées aux communautés autochtones concernées. C’est ce qu’ont indiqué hier les avocats de l’organisation autochtone malaisienne SAVE RIVERS, après avoir été informés officiellement de la décision par le gouvernement du Sarawak.

Suite à l’abandon du chantier, 26 villages des populations autochtones Kenyah, Kayan et Penan, dont les terres avaient été expropriées pour la construction du bassin de rétention, peuvent à nouveau respirer. La digue de 150 mètres de haut aurait inondé plus de 400 km2 de forêts tropicales humides et de terres agricoles. Jusqu’à 20’000 autochtones auraient dû être déplacés.

Le Bruno Manser Fonds (BMF), dont le siège est à Bâle, a joué un rôle central dans le succès des autochtones impliqués. Au cours des cinq dernières années, il a en effet investi plus de 600’000 francs dans le combat contre le barrage de Baram et accompagné étroitement la campagne. Le BMF a été de loin le plus grand pourvoyeur de fonds de la résistance autochtone contre le projet pharaonique.

«Avec l’abandon du barrage de Baram, nous avons atteint nos principaux objectifs stratégiques des dernières années, a fait savoir Lukas Straumann, directeur du BMF. Nous allons désormais nous engager pour un développement durable du bassin du Baram et pour la protection des forêts pluviales restantes.»

«Nous attendons du gouvernement du Sarawak et des entreprises impliquées une nouvelle planification de l’approvisionnement énergétique, qui s’oriente aux besoins de la population et aux objectifs du développement durable, a expliqué Annina Aeberli, responsable des campagnes auprès du Bruno Manser Fonds. Les autochtones doivent en particulier pouvoir apporter leurs propres perspectives de développement dans la planification.»

Les organisations de protection de l’environnement et des droits des autochtones dans le monde entier saluent cette décision qui fera date, prise par le gouvernement du Sarawak sous la houlette du Premier ministre Adenan Satem. Bob Brown, ancien sénateur australien et président des verts, a désigné la campagne du Baram comme étant l’un des plus grands succès mondiaux du mouvement environnemental des dernières années.

Pour de plus amples informations:

Lukas Straumann, 078 744 51 24

Annina Aeberli, 079 128 58 73


Connectez-vous pour laisser un commentaire