Locarno : Les caméras ibéro-américaines illumineront aussi le grand écran suisse

Le cinéma ibéro-américain occupera une place importante lors de la 72e édition du Festival de cinéma qui, du 7 au 17 août, se tiendra dans la ville de Locarno, capitale helvétique de la grande production cinématographique internationale. Pour la seconde fois de son histoire, ce festival est dirigé par une femme. Lili Hinstin, diplômée en littérature, langue française et civilisation étrangère des Universités de Paris et de Padoue, a pris les rênes de la principale rencontre du 7e art en décembre 2018. Elle remplace Carlo Chatrian, nommé comme responsable de la Berlinale allemande. Antérieurement, l’experte cinématographe française avait assumé la direction du Festival « Entrevues » à Belfort (France).

Locarno 2018 ne sera pas une rupture, mais une continuité avec son histoire la plus récente, mais avec des sensibilités différentes, signale Lili Hinstin (42 ans), qui a reconstruit toute l’équipe artistique du festival.

Continuité quant à l’esprit de Locarno toujours visant à « découvrir de jeunes réalisateurs avec des gestes fort d’auteur ». Le neuf – sans que ce soit, selon la directrice, une révolution – se réfère à l’interprétation artistique d’un fait, d’un lieu et de l’histoire qui les raconte, « de la même manière qu’un juge interprète la loi », souligne Lili Hinstin.

Organiser une édition d’un festival comme Locarno, explique la nouvelle directrice, est un exercice collectif significatif. Si nous avons reçu pour cette édition près de 4 mille films, finalement ne furent retenus que 128 pour intégrer la sélection officielle. Tout cela, confirme Lili Hinstin, en priorisant le public jeune. En rapprochant la programmation du festival, comme toujours, avec une offre « radicale, vu que par essence la jeunesse est radicale ».

Portugal, Espagne, Amérique latine

La compétition internationale inclut 5 films – sur 17 – produits au Portugal, en Espagne et en Amérique latine, tous des premières mondiales.

Vitalina Varela, du célèbre directeur portugais Pedro Costa – qui avait obtenu un Léopard à Locarno, en 2014, avec Cavalo Dinheiro – et la coproduction franco-portugaise Techno Boss de son compatriote João Nicolau soulignent la présence du Portugal.

De la Galice (Etat espagnol) arrive la Longa Noite, de Eloy Enciso, connu de ce festival pour avoir présenté Arraianos, en 2012, à Cineasti del Presente.

A Febre, de Maya Da-Rin, représentera le Brésil dans la course au Léopard d’Or.

Pour sa part, la directrice Maura Delpero (née à Bolzano, Italie, mais ayant une relation professionnelle et humaine très étroite avec l’Argentine), présente Hogar, sa plus récente création. Une coproduction italo-argentine qui se déroule à Buenos Aires.

En outre, le réalisateur suisse d’origine portugaise, Basil Da Cunha, arrive au concours international avec O fin do mundo, une production intégralement helvétique, mais avec un scénario se déroulant à Lisbonne.

La paloma y el lobo, du jeune directeur mexicain Carlos Lenin sera le seul film à l’accent ibéro-américain, qui concourra à Cineasti del Presente, la seconde compétition en importance et dédiée aux réalisateurs émergents et à leurs premières, secondes ou même troisièmes œuvres.

Swinguerra, pellicule brésilienne de Barbara Wagner et Benjamin de Burca, et Those that, at a distance, resemble another, coproduction de la Grande-Bretagne, de l’Argentine et de l’Espagne, de la directrice Jessica Sarah Rinland, intègrent la session Moving Ahead. Six court-métrages ibéro-américains ou co-produits partiellement dans cette région – sur les 29 sélectionnés – participent au concours international des Pardi di Domani, réservé à des productions (jusqu’à 59 minutes de durée) de jeunes cinéastes indépendants ou d’étudiants d’écoles de cinéma.

La Piazza Grande, l’une des scènes cinématographiques en plein air les plus grandes du monde – avec une capacité de 8.000 spectateurs n’intègre pas dans  son programme nocturne de cette 72e édition des films ibéro-américains (https://www.locarnofestival.ch/it/pardo/pardo-live/today-at-festival/2019/07/CS_Piazza-Grande.html). Ceci, bien que la vie d’un personnage sportif de premier niveau, le footballeur argentin Diego Maradona, constitue le thème central du documentaire portant son nom, une production du réalisateur britannique Asif Kapadia – d’origine indienne – qui sera projetée sur l’écran géant le jeudi 15 août.

D’Argentine arrive aussi, pour intégrer le jury international, le jeune talent Nahuel Pérez Biscayart, gagnant du César 2018 du meilleur acteur révélé. Il partagera cette tâche avec la cinéaste allemande Angela Schanelec, le critique italien Emiliano Morreale, la productrice hollandise Ilse Hughan et la cinéaste et écrivain française Catherine Breillat, désignée comme présidente de ce jury.

Sergio Ferrari

Traduction de l’espagnol: Hans-Peter Renk

 

 

 

 

 


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