Ne pas mélanger migration et développement

La Commission de politique extérieure du Conseil des Etats (CPE-E) se range derrière la proposition du Conseil fédéral en ce qui concerne l’orientation future de la coopération suisse au développement. Fort heureusement, l’exigence d’accorder cette dernière en priorité aux pays d’origine des demandeurs d’asile a été retirée.

Dans le débat sur l’orientation future de la coopération suisse au développement une requête revient régulièrement : que la coopération au développement soit mise en œuvre d’abord dans les pays d’origine des demandeurs d’asile. Cette exigence repose sur le malentendu que la Suisse accorde surtout de l’aide budgétaire aux pays étrangers. C’est faux. Au lieu de cela, elle soutient des organisations de la société civile pour leur permettre d’exiger des gouvernements une politique responsable et favorable au développement. Ce type de coopération au développement judicieuse encourage une consultation et une participation plus larges à la construction de l’avenir d’un pays, qui n’est pas toujours souhaitée par les dirigeants. Dès lors elle ne peut pas être mise en gage dans des négociations de politique migratoire avec des chefs d’Etat. A la CPE-E a été donc retirée une motion dans ce sens du conseiller aux Etats Thomas Minder (UDC/SH).

Mais malheureusement la CPE-E rate la possibilité de réitérer, face à l’augmentation des défis dans le monde, la décision prise auparavant par le Parlement de garder la part d’APD à 0.5%. Au vu des crises internationales actuelles, la Suisse devrait tout faire pour augmenter les moyens de la coopération au développement à 0.7% du revenu national brut, comme décidé au niveau international. Avec l’appel contre la faim et la pauvreté, plus de 75 organisations exigent que le Parlement tienne cette promesse, enfin.

Communiqué de presse d’Alliance Sud du 16 août 2016

http://www.alliancesud.ch/fr/politique/developpement/ne-pas-melanger-migration-et-developpement


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