La société civile met en garde le Comité olympique face à l’utilisation de bois tropicaux pour les jeux de 2020

44 ONG exigent des directives contraignantes garantissant la légalité et la durabilité du bois tropical mis en œuvre dans les constructions pour les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo.

 

(LAUSANNE, SUISSE) Une large coalition internationale issue de la société civile réclame l’interdiction de l’utilisation de bois tropical issu de coupes illégales ou obtenu dans un contexte de violations des droits humain pour les constructions nécessaires aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020. Au nom de 44 organisations, le Bruno Manser Fonds a remis aujourd’hui à Lausanne une lettre correspondante au Comité olympique.

Il y aurait un risque considérable que du bois illégal issu des forêts pluviales menacées de Malaisie ou d’Indonésie soit mis en œuvre pour la réalisation du nouveau stade olympique nécessaire aux Jeux de 2020 au Japon. L’Empire du Soleil Levant est le premier importateur au monde de bois contreplaqué, utilisé dans les travaux de construction. La législation nippone est insuffisante et n’empêche pas que du bois tropical issu de coupes illégales ou obtenu dans un contexte de violations des droits humains soit utilisé sur les chantiers.

La moitié du bois contreplaqué importé au Japon provient du Sarawak, l’un des États malais de l’île de Bornéo. Le Sarawak possède l’un des taux de défrichages les plus élevés du monde et se débat avec des taux élevés de coupes illégales. «Les entreprises de bûcheronnage du Sarawak détruisent nos forêts, polluent notre eau et ne respectent pas nos droits. Les entreprises forestières et les politiciens s’enrichissent pendant qu’on nous vole notre base vitale», explique Nicholas Mujah, de l’organisation autochtone SADIA.

Des études indépendantes mettent en lien direct le contreplaqué de la Taisei Corporation, qui construit le nouveau stade olympique, avec l’entreprise forestière malaisienne Shin Yang. Celle-ci est connue pour ses pratiques de défrichages intolérables et la violation systématique des droits des populations locales, en particulier des habitants Penan.

Annina Aeberli, responsable de campagne auprès du Bruno Manser Fonds, explique l’exigence de la coalition d’ONG: «La reconnaissance formelle de durabilité de la part du gouvernement japonais et du Comité olympique ne suffisent pas. La société civile veut des faits concrets et des standards contraignants pour prévenir les défrichages illégaux et les violations des droits humains. On ne peut admettre que les Jeux olympiques contribuent à la destruction des forêts pluviales.»


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