Solidarité Genève-Sud

Que versent les collectivités publiques genevoises à coopération au développement ? Quelles sont les communes les plus généreuses ? Le Canton verse-t-il le 0,7% de son budget de fonctionnement à la solidarité comme le prévoit la loi depuis 2001 ? Et quelles ONG ou associations sont soutenues ? Pour quels pays et quels projets ? Ces questions trouvent leurs réponses grâce à un outil informatique statistique efficace, clair et interactif, élaboré par la Fédération genevoise de coopération (FGC) à l’occasion de ses 50 ans d’activité : Solidarité Genève-Sud – statistiques 2015.

Présenté le 4 octobre, ce document de travail, aboutissement d’une méthodologie rigoureuse, décrit précisément l’engagement du Canton, de la Ville et des communes du territoire genevois en terme de solidarité avec le Sud. Mais il ne se contente pas de présenter le palmarès des collectivités publiques pour 2015 ; il permet aussi d’établir de nombreuses comparaisons, sur 30 ans d’engagement. Cette base de données pourra dorénavant être affinée et corrigée régulièrement.
Pour la FGC, Genève a une responsabilité particulière en ce qui concerne la solidarité avec le Sud. En tant que canton berceau des droits humains, abritant 98 % des organisations internationales hébergées en Suisse, il lui faut en effet maintenir l’esprit de Genève. Globalement, nos collectivités n’ont pas trop de quoi rougir. Le total de leurs contributions allouées à la solidarité internationale a augmenté en 2015 de 16,4% par rapport à 2010 et s’élève à 29,9 millions de francs. Ce terme générique englobe le budget alloué au développement (60%), à l’aide humanitaire (24%), aux droits humains (13%), à la sensibilisation (2%) et enfin à la promotion de la paix et résolutions des conflits (1%).
Mais à y regarder de plus près, tout est-il aussi glorieux dans la République de Genève ? En 1970, les Nations unies ont décidé que chaque pays industrialisé consacrerait 0,7% de son revenu national brut à l’aide publique au développement, ce que le canton de Genève a ancré dans la loi entrée en vigueur en 2002. Or l’État de Genève ne joue pas le jeu avec ses 0,21% alloué à la solidarité internationale… Par contre, si on excepte la Ville de Genève, l’ensemble des communes genevoises ont fourni un important effort pour rejoindre ce 0,7 % : 14 communes sur 44 atteignent ou dépassent même cet objectif. Ainsi Carouge, par exemple, octroie 0,99 % de ses dépenses à ce poste. Championne 2015, la commune de Russin et ses 3,3% qui a répondu présente suite au tremblement de terre qui a dévasté le Népal.
Pour Thierry Apothéloz, président de l’Association des communes genevoises et conseiller administratif de Vernier, cet effort des communes genevoises est à saluer. Cet outil de comparaison proposé par la FGC permettra aux communes de se stimuler et d’alimenter les débats au sein des communes lors des votations des budgets.

Cet article a été publié sur le site de la revue choisir : www.choisir.ch


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