Syrie: 6 ans de guerre

L’extrême violence infligée aux civils en six années de guerre en Syrie ne laisse présager aucun apaisement. Malgré l’insécurité et les attaques répétées contre les structures médicales, MSF a continué d’opérer directement dans six structures médicales dans le nord de la Syrie et à fournir une aide aux réseaux médicaux syriens dans des zones où aucune présence directe n’est possible.

La persistance du conflit et l’absence de perspectives d’amélioration ne font qu’empirer les souffrances du peuple syrien. Depuis le début de la guerre il y a cinq ans, environ 4,7 millions de personnes ont fui vers les pays voisins, et plus de 7,6 millions sont déplacées à l’intérieur du pays. Prises au piège entre les lignes de front qui se déplacent sans cesse, elles sont sans accès à l’aide ou aux soins médicaux essentiels.

Les structures médicales et le personnel ne sont pas épargnés par le conflit et ont fréquemment été l’objet d’attaques. En 2016, 32 d’entre elles soutenues par MSF ont été bombardées ou pilonnées au cours de 71 attaques distinctes qui ont coûté la vie à des dizaines de personnes.

La présence directe de MSF est sérieusement entravée dans le pays, alors que les besoins sont tels que l’organisation devrait déployer l’un de ses programmes médicaux les plus importants. Malgré des demandes répétées, MSF n’a pas obtenu du gouvernement l’autorisation d’opérer en Syrie. De plus, l’insécurité a limité la capacité de MSF à fournir des secours dans les zones contrôlées par l’opposition. Après l’enlèvement puis la libération de membres du personnel de MSF par le groupe État islamique (EI) en 2014 et face à l’impossibilité d’obtenir des dirigeants de ce groupe les garanties de sécurité nécessaires, MSF s’est retiré des zones contrôlées par l’EI.

Depuis 2011, MSF soutient un nombre croissant de structures médicales dans certaines des zones les plus touchées par le conflit auxquelles les équipes n’ont pas directement accès. Ce programme est principalement géré à distance depuis des pays voisins et consiste en dons de médicaments, matériel médical et de secours, formations à distance pour le personnel en Syrie, conseils médicaux techniques et aide financière pour couvrir les frais de fonctionnement de ces structures.

En 2016, 80 structures médicales en Syrie, notamment dans les gouvernorats d’Alep, Dara’a, Hama, Homs, Idlib, Quneitra et dans le Damas rural, ont reçu un soutien régulier. Ces structures ont assuré plus de 2,2 millions de consultations ambulatoires et 770 000 consultations aux urgences, ont pratiqué 225 000 interventions chirurgicales et assisté plus de 29 000 naissances. Toutes ces activités ne peuvent être attribuées aux seuls programmes de MSF : si certaines de ces structures sont exclusivement soutenues par MSF, beaucoup bénéficient d’autres sources d’aide.

Depuis 2014, MSF fournissait régulièrement du matériel médical à huit hôpitaux, six centres de santé et trois dispensaires de premiers secours à l’Est de la ville d’Alep. Toutefois, après le durcissement du siège par la coalition dirigée par le gouvernement en juillet 2016, ces activités ont été arrêtées et seule une cargaison d’environ 100 tonnes de matériel médical a été livrée. Même sans plus offrir d’aide directe, MSF reste en contact étroit avec les médecins et infirmiers à l’Est d’Alep.

Dans le district d’Azaz, au nord d’Alep, MSF gère un hôpital qui offre une vaste gamme de services, dont des consultations ambulatoires, hospitalisations, traitements d’urgence, chirurgie et soins maternels. Les patients qui requièrent d’autres traitements sont référés vers d’autres structures du district ou en Turquie. Alors que plus de 100 000 déplacés étaient bloqués entre la ligne de front et la frontière turque, MSF a apporté son soutien médical et mis en place un programme d’approvisionnement en eau dans un des camps informels à l’Est de la ville d’Azaz.

Dans la région de Kobané/Ain al-Arab, dans le nord de la Syrie, MSF soutient actuellement neuf unités de soins primaires, une maternité et deux hôpitaux.

Durant l’été, le déplacement des lignes de front et une offensive militaire ont poussé des civils à fuir Manbij pour s’établir près de l’Euphrate. MSF a intensifié son aide pour répondre aux besoins des déplacés et des communautés hôtes. En un mois, un hôpital soutenu par MSF à Kobané a soigné plus de 190 patients blessés par des engins explosifs à Manbij.

À Atmeh, MSF gère toujours un hôpital pour brûlés qui offre de la chirurgie, des greffes de peau, des pansements et de la physiothérapie, ainsi qu’un soutien en santé mentale, des soins d’urgence et des consultations ambulatoires.

Les projets MSF Suisse en Syrie

En bref Description Les projets MSF Suisse Actualités

  1. Venir en aide aux populations déplacées

    Dans le gouvernorat d’Hassakeh, au nord-est de la Syrie, MSF offre des soins médicaux de qualité, se concentrant principalement sur les soins d’urgence, la santé materno-infantile et les maladies chroniques, notamment pour venir en aide aux réfugiés au Liban et en Iraq depuis le début du conflit.

    En 2016, MSF a continué de dispenser des consultations aux personnes déplacées et aux communautés hôtes. Au total, 44 873 consultations ambulatoires et 5 598 consultations en santé sexuelle et reproductive ont eu lieu cette année. MSF a également assisté 1 325 accouchements, y compris 281 césariennes, à l’hôpital national de Derek et dans la nouvelle maternité de Tal Kocher. Les équipes ont aussi animé des sessions d’information auprès des patients souffrant de maladies chroniques pour les aider à saisir l’importance de suivre leur traitement. Dans ce contexte volatile, où les lignes de front sont mouvantes et les nombreux acteurs s’opposent violemment, MSF n’a malheureusement toujours pas accès à certaines zones. En effet, après que cinq employés ont été enlevés en janvier 2014 (et libérés cinq mois plus tard), plusieurs programmes ont été fermés.


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