Yémen : en attendant la paix

Alors que les négociations de paix se poursuivent au Yémen, la situation dans le pays est alarmante. Le conflit  a entraîné le déplacement de 2,8 millions de Yéménites et ils sont 21,2 millions à dépendre de l’aide humanitaire. En avril dernier, Première Urgence Internationale s’est associée à quatre ONG pour dénoncer la lenteur du processus de paix. Sur le terrain, les activités liées à la santé et à la malnutrition permettent d’aider de nombreuses familles en situation très critique.

Au Yémen, 320 000 enfants ont un risque élevé de souffrir de malnutrition sévère aigüe selon le rapport du bureau de la coordination humanitaire de l’ONU (OCHA) du 12 avril 2016. Le bureau onusien estime que, durant l’année, 3 millions d’enfants, de femmes enceintes ou allaitantes auront besoin d’un traitement ou de soins préventifs liés à la malnutrition.

Dans ce pays qui est l’un des plus pauvres du monde, la lutte contre la malnutrition est une priorité pour Première Urgence Internationale. Des distributions alimentaires sont organisées chaque mois dans les régions de Hodeidah et de Raymah. Cette année, elles bénéficieront au total à plus de 557 000 Yéménites dont des enfants. « Un enfant qui souffre de malnutrition aigüe a davantage de risques de contracter des maladies et le risque de décès est très important », explique Elise Lesieur, responsable du service technique et capitalisation à Première Urgence Internationale, «de plus, un enfant qui va tomber malade, s’il n’est pas pris en charge, a un risque plus fort d’être malnutri ». C’est ce qu’on appelle le cercle vicieux de la malnutrition.

« Plus de la moitié de la population a besoin d’une assistance médicale »

Pour les équipes de Première Urgence Internationale, il est donc indispensable de prendre en charge les enfants malades le plus rapidement possible. Des cliniques mobiles composées de personnel médical se déplacent auprès des populations à risque telles que les enfants, les femmes enceintes et allaitantes. Elles constatent leur état de santé et apportent des soins appropriés. « L’accès aux infrastructures de santé est compliqué pour les populations qui vivent dans des zones reculées ou touchées par les bombardements. Nous devons donc nous déplacer et aller vers les personnes », explique Céline Morin, chargée des projets Yémen pour Première Urgence Internationale. Il n’est pas rare pour les équipes de constater des cas sévères de malnutrition et de traiter des nourrissons pendant quelques mois avec un programme spécifique. « La malnutrition peut entraîner des décès chez les jeunes enfants et peut également avoir un impact à long terme sur le développement moteur et intellectuel », explique Elise Lesieur.

Si Première Urgence Internationale intervient dans le pays depuis 2007, la situation humanitaire s’est fortement dégradée depuis plus d’un an avec le conflit sévissant entre les rebelles Houthis et la coalition menée par l’Arabie Saoudite. Selon le rapport du bureau de la coordination humanitaire de l’ONU (OCHA) du 12 avril 2016, plus de la moitié de la population a besoin d’une assistance médicale.

Face à cette situation humanitaire catastrophique et à l’impact des combats qui frappent violemment le pays, Première Urgence Internationale appelle la communauté internationale, notamment la France, à prendre ses responsabilités. Lors du déplacement de François Hollande le 19 avril dernier, en Jordanie, un communiqué de presse a été remis au Président de la République par le collectif d’ONG pour appeler « la France à faire plus pour mettre un terme à ce conflit et limiter les souffrances des civils ».

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